jeudi 2 mars 2017

Bonsoir la rose
de CHI Zijian


Public : Tout public (plus adulte)
Mots-clés : Roman chinois, historique, Harbin, émigration juive
Pages lues : ~ 180 pages

Note : 2,5 / 5

Mon avis :
Ce qui m'avait l'air d'un beau livre m'a laissé sur ma faim. Je lui ai mis la moyenne, car, d'un certain point de vue, il est intéressant (je vous explique plus loin pourquoi).

Ecriture :
Soit la traduction n'est pas fidèle au style de l'auteur, soit je n'ai pas accroché à sa plume, tout simplement. Car j'ai trouvé l'histoire fade, distante et j'ai failli abandonné cette lecture. Elle n'était pas à la hauteur de mes attentes, ni aussi poétique que ce à quoi je m'attendais. J'ai attendu que l'histoire me captive, mais ça n'a pas été le cas. Et l'action est arrivée seulement vers la fin du livre.

Personnages :
Dès le début, j'ai réussi à m'attacher à Léna, mais j'ai eu plus de mal avec Xiao'e qui semblait ne pas avoir de volonté propre.
J'ai compris par la suite que cela était dû au décalage culturel. Léna est une femme juive qui a fuit la Russie avec sa famille. Elle a une culture qui m'est davantage connue. Donc, quelque part, je comprenais mieux ce personnage. En effet, la mentalité du personnage de Xiao'e a été forgée par une autre culture qui ne m'est pas vraiment familière. Et, à plusieurs reprises, j'ai eu envie de rentrer dans ce livre et de la secouer pour qu'elle prenne sa vie en main ou bien je ne comprenais pas ses réactions. Mais, en fin de compte, à cause du son contexte culturel et familiale (et donc social) on peut comprendre son attitude en général.

Culture et Histoire :
Ce roman nous dépeint une culture chinoise déjà peu connue et à une époque qui l'est peut-être encore moins. Et on en apprend un peu sur des faits dont ne parle pas beaucoup en occident : l'émigration massive des Juifs fuyant de la Russie vers la Chine, au XIXe siècle, l'influence qu'ils ont eu dans cette région de Heilhongjiang (et plus particulièrement à Harbin) et les problèmes rencontrés avec les Japonais.
En ce qui concerne la culture chinoise (particulièrement en province), je savais déjà qu'il y a beaucoup de superstitions et on le retrouve tout au long du livre.
Mais j'ai appris que, derrière un semblant d'émancipation féminine pour cette époque et ce contexte, se cache une mentalité encore très enfermée dans la tradition. Surtout dans les relations amoureuses. Et pour une jeune femme actuelle vivant en occident, certaines situations peuvent paraître absurdes, énervantes ou paradoxales. J'ai eu envie d'envoyer bouler plusieurs gars (et pas que) dans cette histoire !
Alors forcément, cela a peut-être ajouté à la distance que j'ai eu avec ce livre. Cependant, le style de l'auteur y est pour beaucoup également (encore une fois, c'est peut-être un problème de traduction). 

L'histoire :
Ce roman se déroule au XXe siècle, dans la ville d'Harbin, en Chine. Xiao'e, Chinoise, est la protagoniste. Elle vient d'un village de province, mais vit à Harbin où elle fait la connaissance d'une femme âgée juive appelée Léna en devenant sa locataire. On découvre le passé des deux femmes au fil des pages, tout en les suivant dans le présent.
Et le point commun qu'on Léna et Xiao'e nous est révélé vers la fin de l'histoire.
D'ailleurs, l'idée de base de l'auteur est intéressante : réunir deux personnes très différentes (jusqu'à la différence d'âge) autour d'un secret horrible similaire. Cela image peut-être aussi le mélange de culture qui a eu lieu à Harbin. Mais personnellement, j'aurais préféré une écriture plus poétique, fluide et captivante. 


Résumé :
"Il faut d'abord imaginer ce Grand Nord de la Chine aux si longs hivers, les fleurs de givre sur les vitres et l'explosion vitale des étés trop brefs. Puis Xiao'e, une jeune fille modeste, pas spécialement belle, dit-elle, pour qui la vie n'a jamais été tendre :« j'appartenais à une catégorie insidieusement repoussée et anéantie par d'invisibles forces mauvaises ». Et puis Léna aux yeux gris-bleu et au mode de vie raffiné, qui joue du piano et prie en hébreu, dont le visage exprime une solitude infinie. Elle qui avait une vie intérieure si riche, comment pouvait-elle ne pas avoir connu l'amour ? Xiao'e rencontre donc Léna, une vieille dame juive dont la famille s'est réfugiée à Harbin après la révolution d'Octobre. Tout semble les opposer, pourtant on découvrira qu'un terrible secret les lie. C'est un monde où les fantômes côtoient les supermarchés, où les blessures de l'enfance restent vivaces. A la fois désabusé et espiègle, tragique et gai. L'écriture de Chi Zijian est, elle, à la fois étincelante et d'une infinie délicatesse. Un auteur qui n'a pas fini de nous enchanter."

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